Monsieur Le Président
Je vous écris cette lettre
Que vous lirez peut-être
Si vous prenez le temps
De vous poser
C'est peut-être
Ce qui vous a manqué
Le 2 Décembre dernier
Lors de votre discours d'Antony
Où vous avez par vos propos
Outragé la soignante que je suis
Vous stigmatisez la folie
Pour agiter le spectre
De la dangerosité
Vous remettez en cause
Nos capacités collectives à soigner
Vous semblez ignorer
Ce qu'ont été les apports du secteur
Dans l'évolution de la prise en charge des patients
De cette volonté humaniste
Qui a su animer,
De grands projets politiques
Ce n'est pas cette France là
Qui vous a fondé Monsieur Le Président
Nous sommes de la même génération
Mais nous ne longeons pas
Les mêmes bords,
Pour renforcer nos valeurs
Moi, mon engagement je le consacre
A ce métier dont je suis fière
Et cela vous ne le dévaluerez pas
Si vous ne revenez pas sur votre position
D'enfermer,
De contrôler,
De déshumaniser
Le soin en psychiatrie
Si votre entêtement à satisfaire
Votre électorat 'risque zéro'
Vous pousse à cette ignominie
A cette régression historique
Qui nous fait frémir de honte à votre place
Alors, Monsieur le Président
Je vous informe,
Avec la force et la solennité
Que j'adresse à votre fonction
Et sans autre formule de politesse
Qu'a l'instar des 22000 signataires
Du collectif de la nuit sécuritaire
JE DESOBEIRAI
samedi 28 février 2009
dimanche 15 février 2009
RÊVE DE SIESTE
Je ne sais d'où me vient ce plaisir de dormir dans la journée. Alors que le monde part continuer ses affaires, moi je me love dans la chaleur "volumiesque" de mes couvrantes et boutis. Parfois Isis veille sur moi avec son regard de... chien (puisque ça est un) et participe ainsi à réchauffer mon environnement thermique vu que depuis plus d'une décennie, je n'ai pas pu lui ôter la sale habitude d'une trop grande proximité... Enfin bref c'est une Vraie caniche qui n'en fait qu'a sa tête.
Je ne sais si l'apaisement de ces instants, cette douce régression favorise la qualité des rendez-vous avec l'inconscient : je sors de mes siestes avec un vécu régénéré comme si de la puissance de vie trouvait sa source dans cet abandon qu'est le sommeil...
C'est un rêve éclairé un peu comme un tableau de Millet, je suis dans une chambre mansardée et j'entends en bas les bruits que tu fais. Je reconnais l'agitation de ton malaise intérieur , le bruit comme un langage,des "mal-adresses" : les objets se cognent, tombent, se brisent parfois.
J'entends aussi ta peur,celle du gendarme que j'ai peut-être été ...
Je descends te rejoindre, la lumière est très douce, tu ressembles au christ avec tes grands locks détachés et huilés, tu as le souffle court et le regard vide,les mots que tu m'adresses sont désincarnés, je me suis rapprochée de toi et je t'ai pris dans mes bras je t'ai parlé d'amour, de l'essentiel de ma vie, je n'ai rien vu de ton manque à vivre, je t'ai cru fort à la mesure de ce que je ressentais pour toi, bluffée par les fantasmes de mon amour tout-puissant, tu n'as sans doute pas pu ouvrir les espaces pour te projeter dans l'existence. Je sais cela aujourd'hui. Je te parle encore en pleurant sur notre souffrance inavouée, alors tu reviens à toi peu à peu,tu prends ma tête entre tes mains et tu me parles : «Je suis d'accord pour le meilleur docteur, Maman, le meilleur que tu connaisses pour me soigner...
Tout mon être rêve, et c'est moi qui rêve...Toujours
Je ne sais si l'apaisement de ces instants, cette douce régression favorise la qualité des rendez-vous avec l'inconscient : je sors de mes siestes avec un vécu régénéré comme si de la puissance de vie trouvait sa source dans cet abandon qu'est le sommeil...
C'est un rêve éclairé un peu comme un tableau de Millet, je suis dans une chambre mansardée et j'entends en bas les bruits que tu fais. Je reconnais l'agitation de ton malaise intérieur , le bruit comme un langage,des "mal-adresses" : les objets se cognent, tombent, se brisent parfois.
J'entends aussi ta peur,celle du gendarme que j'ai peut-être été ...
Je descends te rejoindre, la lumière est très douce, tu ressembles au christ avec tes grands locks détachés et huilés, tu as le souffle court et le regard vide,les mots que tu m'adresses sont désincarnés, je me suis rapprochée de toi et je t'ai pris dans mes bras je t'ai parlé d'amour, de l'essentiel de ma vie, je n'ai rien vu de ton manque à vivre, je t'ai cru fort à la mesure de ce que je ressentais pour toi, bluffée par les fantasmes de mon amour tout-puissant, tu n'as sans doute pas pu ouvrir les espaces pour te projeter dans l'existence. Je sais cela aujourd'hui. Je te parle encore en pleurant sur notre souffrance inavouée, alors tu reviens à toi peu à peu,tu prends ma tête entre tes mains et tu me parles : «Je suis d'accord pour le meilleur docteur, Maman, le meilleur que tu connaisses pour me soigner...
Tout mon être rêve, et c'est moi qui rêve...Toujours
mardi 10 février 2009
A QUELLE HEURE PAPA RENTRERA ?
Ce soir je serais là tôt
Le jeu a moins d'enjeu
Et l'ennui me guette
Je lui préfère un bon repos
Ce soir je rentre tôt
Puis,comme à l'accoutumée
Tu as pris ton pas décidé
Et ta silhouette a disparu
Juste au coin de la rue
La maison a résonné de ce silence
Dans chaque espace vidé
De ta présence
De tes habituels esclandres
Et comme à l'accoutumée
Maman s'est alors mise à t'attendre
C'est à l'heure où le sommeil vient
Tu t'apprêtais à rejoindre le tien
"Je vous laisse les copains
On s'appelle,et nous verrons demain"
Puis comme à l'accoutumée
Tu as pris ton pas décidé
Et ta silhouette a disparu
Ce soir papa ne rentrera plus
Le jeu a moins d'enjeu
Et l'ennui me guette
Je lui préfère un bon repos
Ce soir je rentre tôt
Puis,comme à l'accoutumée
Tu as pris ton pas décidé
Et ta silhouette a disparu
Juste au coin de la rue
La maison a résonné de ce silence
Dans chaque espace vidé
De ta présence
De tes habituels esclandres
Et comme à l'accoutumée
Maman s'est alors mise à t'attendre
C'est à l'heure où le sommeil vient
Tu t'apprêtais à rejoindre le tien
"Je vous laisse les copains
On s'appelle,et nous verrons demain"
Puis comme à l'accoutumée
Tu as pris ton pas décidé
Et ta silhouette a disparu
Ce soir papa ne rentrera plus
lundi 9 février 2009
CE PETIT POT DE PRUNES...
J'ai retrouvé
Quelques jours après ton départ
En dérangeant un vieux placard
Ce petit pot de prunes
Que tu nous a apporté
L'été dernier
J'ai repensé
A tes habitudes d'amour
Qui ont enchanté
Plusieurs saisons de ma vie
Pas des pacotilles
De super-marché
Les offrandes que tu faisais
Tatie
Ce sont les fruits
Et les légumes de ton jardin
Que tu nous portais
Lorsqu'ils étaient
Rassasiés de lumière
Et de soleil
Tu savais laisser
S'écouler le temps
Cette infinie patience
Qui bonifie les êtres
Et les choses
Tu étais marraine
La fée enchanteresse
De mon enfance
Tu m'appelais"ma fille"
Et tu me disais belle
Une délectation de douceur
Je n'ai pas vu dans tes yeux de bonté
La tragédie que fut ta vie..
Quelques jours après ton départ
En dérangeant un vieux placard
Ce petit pot de prunes
Que tu nous a apporté
L'été dernier
J'ai repensé
A tes habitudes d'amour
Qui ont enchanté
Plusieurs saisons de ma vie
Pas des pacotilles
De super-marché
Les offrandes que tu faisais
Tatie
Ce sont les fruits
Et les légumes de ton jardin
Que tu nous portais
Lorsqu'ils étaient
Rassasiés de lumière
Et de soleil
Tu savais laisser
S'écouler le temps
Cette infinie patience
Qui bonifie les êtres
Et les choses
Tu étais marraine
La fée enchanteresse
De mon enfance
Tu m'appelais"ma fille"
Et tu me disais belle
Une délectation de douceur
Je n'ai pas vu dans tes yeux de bonté
La tragédie que fut ta vie..
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