Je peux dire aujourd'hui que tu ne nous as pas vraiment ménagé.
Ça, c'est le moins que l'on puisse dire.
Je n'ai jamais trop su ta conception des choses, mais peut-être n'avais-tu aucune conception des choses : tu dois faire partie de ces êtres qui ne pensent pas la vie,qui n'ont jamais utilisé cette capacité à se projeter à l'existence pour devenir les bâtisseurs de leur propre destin.
Très vite, tu nous as informé que tu ne souhaitais pas nous garder trop longtemps auprès de toi, que nous devrions nous quitter assez rapidement, que la place des enfants cela n'est pas de rester sempiternellement auprès des parents, que dès que cela sera possible nous devrions trouver du travail.
Je n'ai jamais su ton manque de moi, ta nostalgie de nos états amoureux quand la petite fille que j'étais n'attendait que ton retour pour exploser de joie dans tes bras.
J'avais dix ans à peine lorsque je suis partie en internat dans un lycée de jeune-fille des années 70, avec une discipline trop rude pour l'enfant désirée que j'étais. Face à ma dépression naissante je t'entendis dire, avec ce brin de cynisme propre aux personnes en mal de "mots pour émotions" que cela forgerait mon caractère. Je ne t'ai jamais parlé du cataclysme intérieur que ces mots de toi ont provoqué chez moi, mais je sais surtout, qu'aujourd'hui encore, quarante ans plus tard, le seul souvenir de la cicatrice ravive la douleur de la brûlure
Un trauma fondateur, comme disent les psys, qui aurait pu nous durcir (ton souhait d'ailleurs), nous, tes enfants, au lieu de nous renforcer.
Je voulais te parler de cela, des adultes que nous sommes devenus grâce à toi, mais aussi, souvent, contre toi. J'ai peut-être trop attendu pour déclencher ce moment, me poser plus près de toi, te dire le temps et la souffrance pour tracer une vie de femme acceptable, devoir garder de l' enfance tout ce dont tu nous as privé, à ton insu, car ce que j'attendais, toi même tu ne l'avais pas reçu.
Nous aurions pu parler l'un et l'autre, du monde qui nous a accueilli à presque trente ans d'intervalle, de nos peurs générées et enfouies comme des fantômes qui ont sûrement fragilisé ton équilibre d'"homme debout" vieillissant à peine.
Nous aurions pu parler de tellement d'autres choses aussi, mais, comme toujours, ton destin m'a doublé pour me laisser privé de toi. A jamais.
jeudi 21 mai 2009
lundi 4 mai 2009
Un homme, une femme et ses hanches
Lui:-Viens là
Elle:-Qu'est ce qu'il y a?
Lui: -Regarde-toi. Tu t'es vue?
Elle:-Qu'est ce que j'ai encore?
Lui: -T'es moche. T'as vu comme t'es moche?
Elle: -J'ai vu. J'y peux rien
Lui: -Mais si t'y peux.Seulement il faut vouloir.
Elle: -Comme tu dis!
Lui: -Pourquoi tu veux pas?
Elle: -Pas envie
Lui: -C'est gentil. T'as pas envie de me plaire?
Elle: - Non
Lui: -Merci
Elle -Non c'est pas ça.
Lui: C'est quoi?
Elle: C'est moi.
Lui: -Quoi c'est moi?
Elle: -J'ai pas envie de me plaire.
Lui:-Mais je m'en fous, moi!Tu ressembles à une souillon. Pourquoi tu veux pas me plaire?
Elle: -C'est moi.
Lui:-Je m'en fous,je te dis!Tu crois que c'est agréable?Regarde tes cheveux.
Elle: -Ils sont sales
Lui: -Oui ils sont sales.Pourquoi tu les laves pas?
Elle: -J'y pense pas.
Lui: -Quand tu les laves ils sont très beaux,très doux.J'aime bien les caresser,moi,quand tu les mets comme ça, avec une petite barrette.
Elle: -Elle est cassée
Lui: -Mais rachètes en une,merde,ça coute deux francs.
Elle: -Pas pensé
Lui: -Et tes yeux,pourquoi tu les maquilles pas?
Elle: -Sais pas.
Lui: -Mets un trait de truc autour,c'est super joli quand tu le fais.Ca te fais des yeux de...de... sirène
Elle: -D'accord
Lui: -Et ta poitrine.Je suis sûr que t'as pas de soutif.
Elle: -Non
Lui :-Mais c'est moche,regarde,ça te fait deux paquets qui pendouillent,comme les vieilles.T'as des nichons de vieilles.
Elle:-Tant pis
Lui: -Mais non pas tant pis.Attaches-les.Empêche-les de foutre le camp partout.Tu crois que je peux avoir envie de les tripoter les trucs tout mou.
Elle:-Ben non.
Lui: -Ben non.Tu dis ben non comme si tu t'en fichais.Ben non,j'ai pas envie.Et pourtant ils sont mignons quand tu me les mets dans le creux de la main.
Elle:-C'est vieux tout ça.
Lui:-Bien sûr c'est vieux,l'envie elle fout le camp si tu fait pas un effort!
Regarde tes hanches.
Elle:-Elles sont grosses
Lui:-Un peu!T'as pris combien de kilos?
Elle: -Plein
Lui:-Tu manges n'importe quoi,n'importe quand .Pas étonnant.T'as doublé de largeur.
Elle:-Je sais
Lui:-T'étais pas comme ça avant.
Elle: -Avant?
Lui:-Ben oui
Elle:-Avant quoi?
Lui: -Tu sais bien
Elle:-Dis le.
Lui: -Avant...Quand je t'ai connue.T'étais super mignonne,super gironde.La plus belle.Ils voulaient tous t'avoir les copains.
Comment qu'ils en mettaient de la pento sur les cheveux!
Et de la Mont saint Michel sous les bras.
Et même une giclée dans le falzar des fois que tu viendrais y promener ton museau.
Ah je les ai bien,eus! Tous!C'est moi qui t'ai.
Elle:-Avant quoi?Dis-le!
Lui:-Mais arrête!Je les aimais bien tes hanches,moi,dans la petite robe en coton blanc à fleufleurs.
C'était du vêtement qui cachait pas grand-chose .
Juste la vue.
Mais quand tu me frôlais en sautillant par dessus les flaques d'eau,comment je la sentais la chair au dessus de l'os.
Parfois tu appuyais juste ce qu'il fallait pour que je sente aussi l'élastique de la culotte.
Ah la vache!Les filles ,vous en connaissez des trucs pour allumer la mèche.
Fallait pas me le dire deux fois.
Et toi non plus.
Comment qu'il nous en déferlait des paquets de désir!La culotte arrivait plus vite en bas des pieds qu'une ambulance tellement il y avait urgence.
Elle:-Tu les aimais mes hanches?
Lui: -Drôlement.Parce que c'est la première chose qui apparaît quand on fait rouler la culotte.C'est tout doux,tout chaud,tout blanc,parfumé à la lessive en poudre.
On embrasse le creux de la hanche en pensant à ce qui va suivre.
C'est doux comme le ventre d'un chat.
C'est tout juste si ça ronronne pas pareil.
Les mains suivent le chemin des cuisses en pinçant le tissu comme un voile de mariée.
Et soudain,paf,il est là,merveilleux.Tu te le prends de plein fouet comme un soleil.C'est à ce moment là que le monde bascule dans une autre dimension.
Elle: -Et la fille sur la carpette.
Lui: -Tes hanches,comme des rochers émergés dans l'océan des désirs.
Elle:-Ca oui,tu t'y accrochais fort pour pousser ton esquif.
Lui: -Ose dire qu'il n'était pas accueillant ton petit port de pêche?
Elle: -Sûr l'escale coûtait pas cher et l'homme trouvait son compte.
Lui:-Cause toujours!T'étais drôlement plus avenante de la hanche avant.
Elle:-Avant.
Lui: -Parfaitement avant.
Elle:-Avant!
Lui: -Oui,oui,oui,avant!
Elle: -MAIS AVANT QUOI ,BORDEL,dis le un peu,ce qui les déforme les hanches des femmes puisque t'es si causant au moment de les ouvrir.Dis ce qui les laboure,les rabote,les arrache,les écorche,et les laisse ensanglantées quand la marée se retire.Dis ce qui les fouille sans souci,par besoin de violence,par besoin d'éclatement,pour faire mugir les taureaux de la mer qui déversent leur écume et s'en vont pisser au large,égoïstes,piaffants,raides de leur seul pauvre muscle.
Avant!Oui,avant,j'avais envie d'être belle et douce et parfumée comme la tendresse que j'espérais,avant que tu ne fasses de moi le paillasson de ta jouissance.
Avant que je ne referme mes hanches comme des ailes meurtries sur le nid saccagé par tes tempêtes.Avant que je ne renonce à ce qui pourrait en sortir par peur que ça ne te ressemble.Avant que je ne laisse la graisse se répandre et recouvrir monstrueusement les désirs de mon corps.
Je suis sale parce que je me sens sale.C'est tout.
Lui: -...Pardonne...
Elle: -Non
Texte extrait de "la peau du désir"
écrit par Gérard Levoyer
Elle:-Qu'est ce qu'il y a?
Lui: -Regarde-toi. Tu t'es vue?
Elle:-Qu'est ce que j'ai encore?
Lui: -T'es moche. T'as vu comme t'es moche?
Elle: -J'ai vu. J'y peux rien
Lui: -Mais si t'y peux.Seulement il faut vouloir.
Elle: -Comme tu dis!
Lui: -Pourquoi tu veux pas?
Elle: -Pas envie
Lui: -C'est gentil. T'as pas envie de me plaire?
Elle: - Non
Lui: -Merci
Elle -Non c'est pas ça.
Lui: C'est quoi?
Elle: C'est moi.
Lui: -Quoi c'est moi?
Elle: -J'ai pas envie de me plaire.
Lui:-Mais je m'en fous, moi!Tu ressembles à une souillon. Pourquoi tu veux pas me plaire?
Elle: -C'est moi.
Lui:-Je m'en fous,je te dis!Tu crois que c'est agréable?Regarde tes cheveux.
Elle: -Ils sont sales
Lui: -Oui ils sont sales.Pourquoi tu les laves pas?
Elle: -J'y pense pas.
Lui: -Quand tu les laves ils sont très beaux,très doux.J'aime bien les caresser,moi,quand tu les mets comme ça, avec une petite barrette.
Elle: -Elle est cassée
Lui: -Mais rachètes en une,merde,ça coute deux francs.
Elle: -Pas pensé
Lui: -Et tes yeux,pourquoi tu les maquilles pas?
Elle: -Sais pas.
Lui: -Mets un trait de truc autour,c'est super joli quand tu le fais.Ca te fais des yeux de...de... sirène
Elle: -D'accord
Lui: -Et ta poitrine.Je suis sûr que t'as pas de soutif.
Elle: -Non
Lui :-Mais c'est moche,regarde,ça te fait deux paquets qui pendouillent,comme les vieilles.T'as des nichons de vieilles.
Elle:-Tant pis
Lui: -Mais non pas tant pis.Attaches-les.Empêche-les de foutre le camp partout.Tu crois que je peux avoir envie de les tripoter les trucs tout mou.
Elle:-Ben non.
Lui: -Ben non.Tu dis ben non comme si tu t'en fichais.Ben non,j'ai pas envie.Et pourtant ils sont mignons quand tu me les mets dans le creux de la main.
Elle:-C'est vieux tout ça.
Lui:-Bien sûr c'est vieux,l'envie elle fout le camp si tu fait pas un effort!
Regarde tes hanches.
Elle:-Elles sont grosses
Lui:-Un peu!T'as pris combien de kilos?
Elle: -Plein
Lui:-Tu manges n'importe quoi,n'importe quand .Pas étonnant.T'as doublé de largeur.
Elle:-Je sais
Lui:-T'étais pas comme ça avant.
Elle: -Avant?
Lui:-Ben oui
Elle:-Avant quoi?
Lui: -Tu sais bien
Elle:-Dis le.
Lui: -Avant...Quand je t'ai connue.T'étais super mignonne,super gironde.La plus belle.Ils voulaient tous t'avoir les copains.
Comment qu'ils en mettaient de la pento sur les cheveux!
Et de la Mont saint Michel sous les bras.
Et même une giclée dans le falzar des fois que tu viendrais y promener ton museau.
Ah je les ai bien,eus! Tous!C'est moi qui t'ai.
Elle:-Avant quoi?Dis-le!
Lui:-Mais arrête!Je les aimais bien tes hanches,moi,dans la petite robe en coton blanc à fleufleurs.
C'était du vêtement qui cachait pas grand-chose .
Juste la vue.
Mais quand tu me frôlais en sautillant par dessus les flaques d'eau,comment je la sentais la chair au dessus de l'os.
Parfois tu appuyais juste ce qu'il fallait pour que je sente aussi l'élastique de la culotte.
Ah la vache!Les filles ,vous en connaissez des trucs pour allumer la mèche.
Fallait pas me le dire deux fois.
Et toi non plus.
Comment qu'il nous en déferlait des paquets de désir!La culotte arrivait plus vite en bas des pieds qu'une ambulance tellement il y avait urgence.
Elle:-Tu les aimais mes hanches?
Lui: -Drôlement.Parce que c'est la première chose qui apparaît quand on fait rouler la culotte.C'est tout doux,tout chaud,tout blanc,parfumé à la lessive en poudre.
On embrasse le creux de la hanche en pensant à ce qui va suivre.
C'est doux comme le ventre d'un chat.
C'est tout juste si ça ronronne pas pareil.
Les mains suivent le chemin des cuisses en pinçant le tissu comme un voile de mariée.
Et soudain,paf,il est là,merveilleux.Tu te le prends de plein fouet comme un soleil.C'est à ce moment là que le monde bascule dans une autre dimension.
Elle: -Et la fille sur la carpette.
Lui: -Tes hanches,comme des rochers émergés dans l'océan des désirs.
Elle:-Ca oui,tu t'y accrochais fort pour pousser ton esquif.
Lui: -Ose dire qu'il n'était pas accueillant ton petit port de pêche?
Elle: -Sûr l'escale coûtait pas cher et l'homme trouvait son compte.
Lui:-Cause toujours!T'étais drôlement plus avenante de la hanche avant.
Elle:-Avant.
Lui: -Parfaitement avant.
Elle:-Avant!
Lui: -Oui,oui,oui,avant!
Elle: -MAIS AVANT QUOI ,BORDEL,dis le un peu,ce qui les déforme les hanches des femmes puisque t'es si causant au moment de les ouvrir.Dis ce qui les laboure,les rabote,les arrache,les écorche,et les laisse ensanglantées quand la marée se retire.Dis ce qui les fouille sans souci,par besoin de violence,par besoin d'éclatement,pour faire mugir les taureaux de la mer qui déversent leur écume et s'en vont pisser au large,égoïstes,piaffants,raides de leur seul pauvre muscle.
Avant!Oui,avant,j'avais envie d'être belle et douce et parfumée comme la tendresse que j'espérais,avant que tu ne fasses de moi le paillasson de ta jouissance.
Avant que je ne referme mes hanches comme des ailes meurtries sur le nid saccagé par tes tempêtes.Avant que je ne renonce à ce qui pourrait en sortir par peur que ça ne te ressemble.Avant que je ne laisse la graisse se répandre et recouvrir monstrueusement les désirs de mon corps.
Je suis sale parce que je me sens sale.C'est tout.
Lui: -...Pardonne...
Elle: -Non
Texte extrait de "la peau du désir"
écrit par Gérard Levoyer
Un retour
Je ramènerai les fruits à pain,
les épices, et le rhum arrangé
Je garderai sur ma peau
quelques jours encore
la couleur de la caresse
du soleil,
Je reviens bientôt
les épices, et le rhum arrangé
Je garderai sur ma peau
quelques jours encore
la couleur de la caresse
du soleil,
Je reviens bientôt
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