dimanche 30 novembre 2014
RÔME Ma Belle !...
Un peu de bruine et des îlots de lumière qui transgressent vers les ruelles. Rome en cet après midi est nonchalante et festive. Chaque week-end les rues deviennent piétonnes et la foule déambule, rieuse, avide, pleine d’envie devant des boutiques si belles que l’on voudrait tout acheter ; ce sac de cuir souple pour une robe qu’on ne possède pas, mais que l’on pourrait acheter pour lui plaire, des lingeries d’amour pour des amours interdites, des robes aux jupes fendues et aux décolletés si plongeant qu’ils font passer la sublime chute de reins de Mireille Darc pour une robe de pensionnaire. Et puis aussi les vendeurs de marrons, les musiciens qui frappent le tempo, les clowns qui font des pirouettes et des danseurs de hip hop galvanisés par l’enthousiasme de la foule tandis que des Églises ouvertes, les orgues s’interposent, pour rappeler que les biens terrestres sont choses futiles et « vietato per la chiesa » soit interdit par l’Église, tandis que les « carabinieri » aux angles des rues, surveillent les voitures qui voudraient passer quand même.
J’ai donc, à l’italienne, déambulée, heureuse des lumières qui accrochaient des étoiles tout au long des rues, de l’odeur des marrons grillés, de la robe achetée pour lui plaire, et l’orange fraîche bu comme de l’eau vive, quand fatiguée de tous ces désirs, je me suis enfin posée dans un des multiples cafés de la via del Corso, dont on peut voir d’un côté le Capitole et de l’autre la piazza d’Espagne.
Mais, ô angoisse, et si la robe achetée pour lui plaire ne lui plaisait pas ?
mardi 18 novembre 2014
Week-end à Rome
Aujourd’hui, il bruinait sur Rome, une pluie alternative qui froissait la lumière. Mais j’ai vu le Dôme du Vatican et j’ai été scotchée, soufflée par la beauté des nefs qui se succédaient, églises dans l’Eglise, tableaux, sculptures ; un navire de l’espace sorti tout droit d’une manga et destiné à traverser le temps pour venir jusqu’à nous, somptueux et stellaire, près duquel Notre Dame de Paris paraît une souris naine, mais pas qu’elle. Aucune cathédrale si belle soit-elle, peut rivaliser avec la somptuosité gigantesque du dôme.
Pendant un temps qui m’a échappé, je suis restée là, immobile, souffle coupé, écrasée par le gigantisme du lieu, puis capturée par lui, conquise par la ferveur de ceux qui avaient travaillé à sa beauté. Peintures, madones aux enfants, fresques ; sous mes yeux le génie de l’homme s’étalait des marbres du sol aux ors de la coupole sur des milliers de mètres et des profondeurs sans aucun doute célestes.
Puis, les orgues ont retenti, la messe a commencé et dans un étrange et paradoxal brouhaha d’où émergeait le silence, la musique s’est élevée…
J’ai quitté le dôme. Devant moi l’esplanade et l’avenue, les ponts. Rome s’allumait dans la bruine tiède du soir, faisant des flaques de lumière sur les pierres des palais et sur les hautes colonnes, tandis que moi, assise sur les marches du palais, je la regardais béate et amoureuse comme une amante.
Pendant un temps qui m’a échappé, je suis restée là, immobile, souffle coupé, écrasée par le gigantisme du lieu, puis capturée par lui, conquise par la ferveur de ceux qui avaient travaillé à sa beauté. Peintures, madones aux enfants, fresques ; sous mes yeux le génie de l’homme s’étalait des marbres du sol aux ors de la coupole sur des milliers de mètres et des profondeurs sans aucun doute célestes.
Puis, les orgues ont retenti, la messe a commencé et dans un étrange et paradoxal brouhaha d’où émergeait le silence, la musique s’est élevée…
J’ai quitté le dôme. Devant moi l’esplanade et l’avenue, les ponts. Rome s’allumait dans la bruine tiède du soir, faisant des flaques de lumière sur les pierres des palais et sur les hautes colonnes, tandis que moi, assise sur les marches du palais, je la regardais béate et amoureuse comme une amante.
mardi 11 novembre 2014
L'AMOUR CONTRE L'INADVERTANCE
Parler d'amour simplement...J'aimerais, je voudrais, j'ai envie. Mais est-il incongru, déplacé ou impudique ici de parler d'amour ? De cet étrange élan qui nous projette vers un inconnu, un homme, une femme, dont on sait à l'instinct et dès les premiers mots, qu'ils seront magnifiques et terribles. Foudroyants et qu'ils nous tueront, peut-être... Mais, peut-on mourir d'amour ? Non. L'amour est une maladie orpheline disent les médecins en prescrivant des antidépresseurs.
Pourtant pour certains, la douleur est parfois si forte, qu'ils en viennent à transgresser la médecine et ces foutus médecins qui ne savent rien de l'amour.
Des comprimés, un peu d'eau et ils blufferont les statistiques. Heureusement la plupart du temps, ils ne peuvent pas. Ils portent les pilules à leur bouche et les recrachent aussitôt.
Ils voudraient, mais la vie, leur vie s'interpose entre la douleur, la mort et eux, comme si elle avait quelque chose à y voir ou qu'elle ait des droits.
Heureusement aussi, ces improbables rencontres presque toujours de l'ordre de l'originel font, qu'au-delà des peurs et des inquiétudes liées à la perte soudaine de ce qui n'est pas acquis, à la peur du vide et de l'inconnu, nous sommes dans l'instant aussi transportés de bonheur. Un bonheur indicible fait de joie et de grâce dans lequel des forces nouvelles émergent et s'épanouissent en flux tendu, suspendues entre l'autre et nous.
En fait, c'est aimer que nous aimons, au point sans doute d'être amoureux de l'amour et d'entrer dans des digressions intellectuelles qui n'ont rien y voir.
Si l'esprit porte l'élan d'amour c'est le corps charnel qui le vit, et si je peux laisser à l'homme que j'aime des petits mots sur la table de la cuisine, comme « Je voudrais nager avec toi, et puis danser la salsa, manger des bonbons à la fraise, acheter des strings pour toi, t'embrasser dans le cou, prendre ma douche avec toi, faire du potage parce que tu as mal au ventre, te pousser parce que tu prends toute la couette, jouer avec les enfants, t'empêcher de trop boire, faire des pâtes et des confitures, peindre, écrire, rire, acheter une perceuse et la laisser dans le placard. Je voudrais mettre des jupes fendues pour toi, te faire un enfant, coudre ton bouton qui manque, te demander si tu m'aimes, faire la cuisine, ranger la maison, régler l'électricité, chanter en italien, retourner à Venise, faire des photos à Tiout, adopter la petite Malika, danser le flamenco, te dire que je t'aime, ne plus écrire, me souvenir de la perceuse, oublier les factures, ne pas régler l'électricité, placer des bougies partout, avoir peur de mettre le feu, éteindre les bougies, t'aimer... » je sais aussi que c'est le corps qui unit. Dans un élan ou la peau, la chair, les muqueuses et le goût, reconnaissent la peau, la chair, les muqueuses et le goût de l'autre comme son propre goût.
Un de mes amis qui travaille à l'Inserm pense que c'est une histoire de phéromones, que cela passe avec l'âge, mais que vu de son laboratoire moléculaire, ceux qui vivent ainsi ont beaucoup de chance.
Je préfère penser que nous sommes Tristan et Yseult, Chopin et Georges Sand, Roméo et Juliette. Cro-magnon et Lucie ça me va bien aussi, surtout lorsque le mien d'amour a ce regard concentré, ramassé pour comprendre, ce que je comprends toujours quelques secondes avant, mais dans une fluidité à laquelle il ajoute lui la dimension cartésienne qui m'échappe. Bref, je l'aime.
Et l'amour me paraît dans le monde en déséquilibre qui est le nôtre, la seule chose qui vaille qu'on puisse mourir, peut-être... La seule chose dont il faudrait vraiment parler. L'amour de l'autre, l'amour des uns et des autres. Parler d'amour essentiellement, de la vie en somme...Tout le reste n'est qu'inadvertance.
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