Le voilà,il est apparu,l'innommable,l'indicible: Il a pris forme dans mon esprit à presque soixante piges.
Jusque là, il était resté tapi,in-consciencieusement,tout au fond de mon être et je n'ai jamais cru l'aborder qu'au travers des drames des autres, de celles (surtout) qui en ont souffert, réellement, interminablement... Mais, moi, je me suis toujours cru aux abris de cette infamie, et des affects désorganisateurs dans lesquels nous sommes plongés.
Je n'ai jamais senti son trouble, dans mon programme de femme libre, et suffisamment distanciée.
Alors, pourquoi s'est-il imposé ainsi, dans le repos de cet après- midi d'été, pour venir perturber ma solitude, tel le surgissement de l' amant éconduit qui se sent oublié et qui ne revient que pour jouir de ses effets de sidération?...
Ce fut dans l'intemporalité d'un rêve, où je me trouve dans le bonheur des miens,entourée des enfants surtout, et tu es là, au beau milieu de ce" marmaillon". C'est la première fois je crois que nous partageons cette joie, ensemble. Je m'avance vers toi, pour te présenter le dernier né comme une offrande, et ressentir ta joie dans un effet transfuge. Pour la première fois de notre vie, je me laisse alors aller dans une grande confiance dans tes bras, pour vivre comme un dernier instant cette relation que nous n'aurons plus jamais.Tu cherches alors ma bouche et mes lèvres, tandis que l'effroi, s'empare de moi. Dans mes cris et mes pleurs j'entends ton rire qui me dit que tout cela n'est rien, que c'est de l'amour, que je ne dois pas m'inquiéter: je te frappe alors, avec toute l'énergie de mon désespoir et toi tu continues de rire, de ton rire qui me glace le sang et me transperce au plus profond de mon ventre...
Je sors du sommeil dans un sursaut, l'angoisse plein mes entrailles.
Ces temps derniers, j'ai oublié la présence de ton absence, depuis plusieurs mois déjà: mes pensées trop accaparées par la réorganisation de ma vie, le réinvestissement de ma propre existence. Ton retour m'en dit un peu plus sur nous, sur moi, et il faudra bien que je sache ce lien et cette peur qui nous a empêché toute notre vie et qui continue de m'empêcher encore aujourd'hui. Il faudra bien maintenant continuer ma vie avec toute cette conscience que me révèle mon inconscient.
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